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Sommet climat: l’absence de Trump et la volonté de leadership de Macron

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Ce mardi 12 décembre, une nouvelle réunion de chefs d’Etat et de gouvernement se tient à Paris pour consolider l’accord sur le climat conclu il y a deux ans. L’objectif numéro un est de trouver les moyens de financer les mesures appropriées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. La tâche sera d’autant plus ardue qu’il faut désormais compter sans les Etats-Unis qui ont annoncé en juin dernier leur retrait de l’accord. Mais ce sommet est aussi l’occasion pour le chef de l’Etat français de s’ériger en leader de la lutte contre le changement climatique.

Il n’y aura donc, ce mardi, pas de délégation officielle américaine. Mais les participants tentent aujourd’hui de minimiser l’impact de ce retrait du deuxième pays pollueur de la planète, derrière la Chine. Il y a deux ans, pour sceller l’accord de Paris sur le climat, l’Américain Obama et son homologue chinois Xi Jinping faisaient l’événement en s’engageant comme jamais auparavant, en faveur de cette cause.

Néanmoins, Donald Trump ne fait pas l’unanimité chez lui et la participation des acteurs américains reste capitale. Et pas seulement celle des artistes comme Di Caprio, ou Schwarzenegger également ancien gouverneur de Californie, mais aussi celle des milliardaires philanthropes, tels Bill Gates et Michael Bloomberg, ancien maire de New York.

Ils viennent tous à Paris avec les responsables des villes américaines et des Etats plus convaincus que jamais de l’urgence de la situation. Ils mettront leur poids dans la balance, aux côtés des grands investisseurs prêts à annoncer leur retrait -non pas de l’accord sur le climat- mais des filières polluantes que sont le charbon et les hydrocarbures.

Reste l’espoir qu’un jour, les présidents américains viennent de nouveau figurer parmi les dirigeants impliqués dans ce combat. En attendant, l’accord a été conçu pour survivre à cette absence.

Test de crédibilité pour le président français

Et si cette absence est un coup dur, c’est aussi une opportunité pour le chef de l’Etat français. Emmanuel Macron s’est immédiatement positionné en nouveau leader de la défense de planète.

Dans une vidéo, Emmanuel Macron a répondu à Donald Trump en invitant tous les chercheurs ou scientifiques américains désireux de travailler sur le climat à venir en France et en lançant un slogan en anglais : « Make our planet great again ».

Une opération de communication qu’il a prolongée en annonçant la réunion d’un sommet sur le climat à Paris. Un sommet pour parler du financement. Le nerf de la guerre. Car Emmanuel Macron affiche sa volonté d’agir concrètement.

François Hollande avait arraché un engagement de la communauté internationale sur des objectifs. Emmanuel Macron ambitionne d’obtenir des avancées tangibles en mobilisant des bailleurs publics et privés, américains notamment. De ce point de vue, l’étape du sommet de Paris est un test de crédibilité pour le chef de l’Etat.

100 milliards de dollars pour les pays du Sud

L’idée de ce sommet, c’est de faire se retrouver ceux qui y croient. Pour l’Elysée, faire venir les acteurs non-étatiques américains, c’est montrer que cela se joue aussi en dehors du cadre feutré de l’ONU. Dans le même temps, Paris et le succès de ses obligations vertes peut se placer au centre de la carte de la finance verte.

Ce sont les acteurs de l’économie qui devront orienter la finance mondiale vers les investissements verts, soutenir les pays du sud à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020. On est encore loin du compte aujourd’hui, moins d’1 % de la finance mondiale va au climat, rapporte notre envoyée spéciale au Sommet climat, Aabla Jounaïdi.

rfi

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